A-t-on le droit d’être un « petit » multi-entrepreneur

A-t-on le droit d’être un « petit » multi-entrepreneur?
Nos « grands entrepreneurs » sur le devant de la scène médiatique sont nombreux à diriger de multiples entreprises, holdings, associations ou fondations. Aussi bien la presse que l’écosystème des entrepreneurs suivent avec délectation les réussites de ces serials entrepreneurs.
Sans aucune notion péjorative, je suis un « petit entrepreneur » très loin des réussites d’Arnaud, Pinaud ou Muliez. Je dirige pourtant de multiples TPE et PME  avec un chiffre d’affaires allant à peine à quelques dizaines de milliers d’euros à plusieurs millions. Je touche des secteurs aussi variés que les services à la personne, l’informatique, le développement logiciel, le conseil, le lobbying, le bâtiment ou l’automobile.
Lorsque je parle de mes réussites, je suis surpris du ressenti négatif de mes interlocuteurs. Les commentaires qui reviennent le plus souvent sont « comment faites -vous pour être sur tous les fronts ? » ou encore « vous devez probablement faire tout à moitié et donc vous n’êtes pas fiable ».
Je me demande donc si nous avons le droit en France d’être un « petit » multi-entrepreneur. Plus le temps passe, plus j’ai tendance à cloisonner l’information sur mes multiples activités pour ne pas semer le doute auprès de mes interlocuteurs. Pourquoi pour un Martin Bouygues faire du bâtiment et du télécom ou un François Pinaud, de la grande distribution et du luxe cela représente-t’il des réussites à mettre en exergue ? Et pourquoi dois-je faire profil bas auprès de mon banquier et mes clients si je veux continuer à me développer ?
Je pense qu’être un serial entrepreneur est une preuve de courage, d’ouverture d’esprit et de remise en question permanente. Cela me permet de réduire considérablement les risques et d’être plus serein. En effet, mon entreprise de développement logiciel perd de l’argent depuis plus de 8 mois et l’avenir des services à la personne semble aujourd’hui incertain. Pourtant je continue à me développer fortement et 2010 sera ma meilleure année.
Je n’ai rien trouvé de plus excitant que de commencer la matinée avec une réunion de lobbying avec un institutionnel puis contrôler un chantier en bâtiment. Continuer par un déjeuner avec un partenaire pour développer un nouveau logiciel, enchainer avec un jardinier qui veut faire du service à la personne et finir la journée au club des entrepreneurs de l’Essec pour conseiller un jeune créateur.
Il reste encore du travail à faire pour changer les mentalités mais j’espère que bientôt les « petits » multi-entrepreneurs pourront être aussi fière que leurs grands frères.
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